Vie de la Paroisse

ALLO ! T’es où ?

L’aujourd’hui des moyens de communication

 

Depuis une vingtaine d’années, nous assistons en « captifs » à l’envahissement quasi sans contrôle des moyens de communication mis à la disposition du grand public. Ceux-ci nous sont naturellement présentés comme étant un « progrès indispensable » de la société, une avancée significative pour les rapports et les relations de toutes sortes entre les hommes.

Nous avons vu d’abord apparaître le téléphone fixe, qualifié de « filaire »,puis ensuite celui du « sans fil » en utilisant les ondes et les transmissions par satellites, qui progressivement permirent en plus de transmettre sons et images, avec un flux et une précision remarquables.

Pouvons-nous dire qu’en cela nous assistons à un progrès dans les contacts humains ? Oui, mille fois oui ! Mais peut-être nous faut il modérer cette affirmation en essayant de discerner ce qu’il y a à l’envers du décor, car de quoi s’agit il ? Il s’agit de relier disons « à l’horizontale » les hommes, pour leur donner ce pouvoir de tout savoir de tout, partout et pour tous. Cela étant perçu alors comme un véritable progrès de notre liberté, mis à la disposition de la terre entière.


La technique employée était tout d’abord réservée aux militaires , dans le but de leur assurer des transmissions fiables et inviolables en toutes situations de paix ou de guerre. Le système est passé dans les mains des civils, on ne sait comment, mais on devine pourquoi !….

En effet il apparaît nettement que celui qui détient le contrôle d’un tel système, peut contrôler tout ce qui se dit et s’échange sur les réseaux et possède alors une arme redoutable, manipulable à souhait, en dissimulant sous des aspects attractifs et ludiques les profits énormes qu’ils peuvent en attendre, en même temps que le contrôle de tout un chacun !


Essayons de regarder de plus près la demande à satisfaire et comment s’y prendre pour en tirer profit de façon légale. Il y a successivement d’un côté, les « émetteurs » et de l’autre, les « récepteurs ». L’homme a toujours eu besoin de communiquer avec l’autre pour échanger des informations, des idées, des sentiments. Cela s’était toujours fait par le contact direct en la présence de l’autre et cette communication se faisait par la combinaison du langage, du regard, de l’expression de l’autre en prenant le temps d’écouter, dans le rapport sensible du dit et du non-dit. Cela ne pouvant être fait avec autant d’humanité au moyen de simples téléphones, il suffisait alors d’ajouter au service proposé, toutes sortes de « gadgets  accessoires » qui développeront chez l’utilisateur une plus ou moins forte « addiction » à ces nouveaux produits en faisant bien attention de les proposer à des prix modiques, le profit global attendu étant réalisé par l’énorme impact d’une distribution grand public, avec évidemment….. toutes les astuces d’achats et d’abonnements cachées.

Comme le disait si bien Alphonse Allais:

«  Il faut prendre l’argent là où il se trouve, c’est à dire chez les pauvres, ils n’ont pas beaucoup d’argent, mais il y a beaucoup de pauvres ! »

Les yeux bien ouverts, nous voici donc devenus « captifs » d’un système doté il est vrai de réelles qualités, mais aussi capable de beaucoup de tromperies et d’abus de confiance. Que constatons-nous quotidiennement ? Nous sommes souvent consternés d’entendre haut et fort, à notre insu, dans des lieux publics, des conversations affligeantes et futiles, aussi bien entre jeunes qu’entre adultes. On se rend compte ainsi du côté superficiel des relations qui se font avec de tels appareils, ce sont des relations de pratiques ou de nécessités, mais rarement profondes. Il y a aussi les relations du travail avec des « ipod » ou des « blackberry », des transmissions professionnelles nécessitant des décisions instantanées qui, très rapidement, engendrent un « stress » important et tout ce qui en découle. Le subordonné est devenu esclave de son supérieur qui peut le contacter à toute heure du jour et parfois même de le nuit. Pouvons-nous alors parler de progrès?


Comment devient-il possible avec une telle aliénation, de communiquer avec nos sensibilités diverses pour avoir entre nous, les hommes, une rencontre confiante qui nous aide à vivre ? Comment partager nos difficultés, nos appels « au secours » quand le système qui veut nous relier est aussi pervers ? Ne soyons alors pas surpris que tant de personnes se sentent isolées, perdues au milieu de ces gens qui passent mais qui ne les voient pas. Faut-il perdre espoir d’obtenir plus de vérité plus de profondeur dans nos relations ? Devons-nous garder intérieurement toutes nos difficultés à vivre et à partager en restant complètement seuls, définitivement seuls, parce que les autres ne peuvent rien pour nous, préoccupés par leurs propres soucis ?

Pour cela, nous avons un correspondant qui est disponible en permanence.

et pour le contacter, point besoin de carte SIM ni de code, point besoin d’abonnement, point besoin de communiquer en langage SMS ou MMS, et pas de surprise sur le coût des communications, et aucun risque de vol a l’arraché. Ce récepteur est inviolable. Mais comment faire ?


ALLO, T’es où ? A cet appel il y a une réponse, une vraie réponse. Nous ne sommes ni seuls, ni abandonnés, simplement en attente de notre propre désir, de notre propre volonté. Mais quel est donc ce téléphone « mobile » que nous ne connaissons pas ?

Nous pouvons approfondir notre réflexion en disant ceci: Au moment de notre conception que Dieu a désiré, la vie qui nous a été donnée gratuitement, en cadeau, comporte toutes les nécessités dont nous allons avoir besoin pour accomplir notre vie et, avant toutes choses, la liberté et l’intelligence, deux énormes responsabilités qu’il nous faudra assumer. Il y a quelque part dans notre « moi » profond, un endroit que la science ne peut déterminer, qui est celui de notre esprit, espace immatériel de notre « cœur », de l’âme unique que chacun de nous possède et qui est destinée à l’éternité.

Il y a dans cet endroit, dans cet espace, un code que Dieu a implanté, une sorte de carte SIM inviolable, que chacun seul peut activer pour entrer en relation avec lui. Pour cela il faut que notre désir d’être écouté et compris soit réel et confiant. Comment donc cela peut-il se faire, se réaliser?


Il y a 2000 ans, l’envoyé de Dieu, tout homme et tout Dieu a désiré renouer des liens avec l’humanité qu’il a lui-même créée et, après sa mort et sa résurrection, il a désiré que ces liens, se prolongeraient pour tous les temps à venir. Cette grâce, ce moyen incomparable, invisible et puissant qui nous permet d’entrer en relation avec lui, c’est l’ESPRIT, l’ESPRIT DE DIEU, être en sa présence sans le « voir ». Cette présence nous enveloppe si nous avons le désir de la demander et nous pouvons affirmer que sans cette présence, sans cette force, la foi chrétienne aurait disparue depuis bien longtemps. L’ESPRIT DE DIEU est le ciment qui relie les hommes de bonne volonté, parce qu’il est la VERITE, celle du sens de toute la création.

Comment donc entrer en relation avec lui, sans pouvoir le « voir » sans pouvoir « l’entendre », en sachant que nos cinq sens seront insuffisants pour cela ? Le Christ nous a indiqué le chemin, c’est celui de l’AMOUR et ce chemin difficile est synonyme d’humilité, de vie droite, de pardon, de détachements, de partage et d’écoute de nos frères, d’écoute de la Parole de Dieu. ( Rom. 8,9.11-13).

Pour que l’Esprit de Dieu se manifeste à nous et agisse en nous, il faut que notre désir et notre volonté soient suffisants pour nous mettre en disposition de le recevoir et d’abord, en le remerciant de ses dons, en le louant, en le contemplant et en le reconnaissant comme Père, sans qui nous ne serions.

Avec cette disposition de notre être, il répondra à nos appels, mais il nous faudra de la patience, car il travaille au fond de notre cœur et son Temps n’est pas le nôtre.

C’est ainsi que la question du départ: Allo T’es où ? trouvera sa réponse.

Juillet 2011 Jean Pierre

 

Voici l'homélie proférée par le Mgr. Jean Yves Molinas, lors de la messe pour les disparus d'Oran.

La messe a été célébrée le 5 juillet, à 18h30, dans l'église Sainte Anne.




Messe du Souvenir pour les victimes des massacres du 5 Juillet 1962 à Oran
Introduction de la célébration
Chers Frères et Sœurs Pieds Noirs et vous tous qui nous accompagnez dans cette longue, très longue marche pour la Mémoire et la Vérité, nous voici réunis devant Dieu pour célébrer, cette année encore, l’anniversaire du massacre sans nom du 5 Juillet 1962 à Oran. Nous ne sommes pas venus avec des sentiments de haine et de vengeance ; nous les avons laissés à la porte de la demeure du Dieu Miséricordieux. Puissions-nous ne pas en reprendre le terrible fardeau lorsque nous quitterons ce lieu saint.

§§§

Le premier Juillet 1962, le sort de l’Algérie est lié, les dés sont jetés Un référendum sans surprise engageait notre pays sur la voie de l’Indépendance. Enlèvements, assassinats, massacres se produisent sur tout le territoire algérien.
Oran, ville d’Algérie à la plus forte densité européenne, a vu se dérouler depuis ce jour et jusqu’au 4 juillet quelques défilés plutôt bon enfant de voitures surchargées d’arabes, hommes et femmes exaltés par l’annonce de l’Indépendance. Et, puisque la France avait décidé de se séparer de l’Algérie, les européens demeurant encore à Oran, et ils étaient nombreux, encouragés par nombre de communiqués rassurants émis par les nouveaux maîtres du pays, ne jugèrent pas nécessaires de se barricader chez eux et n’hésitèrent pas pour certains à sortir en ville pour vaquer à leurs occupations quotidiennes. D’ailleurs, le 5 juillet ordre avait été donné par radio d’ouvrir les magasins, les bureaux et de reprendre le travail.
Or une foule déferla des quartiers arabes vers les quartiers européens dès le matin pour disait-on un défilé pacifique. Pourtant les hommes étaient presque tous armés. A 11 heures un coup de feu retentit sur la place d’Armes. Et ce fut le début de l’horrible carnage: une chasse à l’Européen commença sauvage, systématique.
Des hommes armés, sans doute de l’A.L.N., emmenaient les Européens prisonniers par longs cortèges vers le commissariat central ou vers le Petit Lac, ou vers la Ville Nouvelle. Hommes, femmes, enfants et vieillards... que sont-ils devenus ?
Mais il faut dire que, dans cette folie sanguinaire, des arabes sauvèrent des européens, d’autres intervinrent, et permirent la libération de prisonniers.
Par contre les 18000 soldats français qui se trouvaient à Oran, avaient reçu l’ordre du général chargé de la place, et dont je ne citerai pas le nom, de ne pas intervenir. Ils restèrent donc cantonnés dans leurs casernes, l’arme aux pieds. Quelques uns n’hésitèrent pas à enfreindre les ordres et sauvèrent des vies. Mais, dix huit mille hommes, disposant de tout leur armement, auraient pu aisément, si l’ordre leur en avait été donné, mettre fin rapidement à cette tuerie qui dura plus de six heures. Je ne pense pas que nous ayons, dans l’histoire de France, d’autres exemples d’un massacre perpétré sur une communauté sans défense, en présence d’une armée qui, à cause d’un commandement injustifiable, laisse assassiner ses ressortissants sans intervenir.
Je passerai sur ce que fut, à partir de témoignages dignes de foi, le déroulement dans l’horreur de cette journée infernale. Il y eut les morts mais il y eut aussi ceux qui furent enlevés, hommes et femmes, et dont on sait aujourd’hui qu’ils connurent des mois, voire des années de souffrances, isolés, abandonnés, torturés. Aujourd’hui, après le rappel de ces tragiques événements, nous voulons bien sûr prier pour toutes ces victimes et les confier encore et encore à l’amour infini de Dieu ; mais nous voulons aussi poser à nouveau des questions qui n’ont toujours pas eu de réponses. Pourquoi ces citoyens français ont-ils été abandonnés à la barbarie ? Qui est responsable d’une telle lâcheté ? Pourquoi, en France, alors que l’on nous parle tant de repentance à sens unique, pas une seule voix autorisée ne s’est élevée depuis 48 ans pour demander pardon aux victimes d’une telle trahison : les morts du 26 Mars 1962 à Alger, les morts du 5 Juillet à Oran, les milliers d’innocents assassinés, victimes du terrorisme, sans oublier bien sûr les dizaines de milliers de harkis sacrifiés sur l’autel des nouvelles relations franco-algériennes, simplement parce qu’ils avaient cru en la France.
Certes, même si ce n’est évident pour personne, nous chrétiens, nous sommes appelés à faire nôtre cette phrase du Christ prononcée du haut de la croix : « Père, pardonne-leurs, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Pour bien mesurer l’importance de ce à quoi nous sommes appelés en tant que chrétiens, il était absolument nécessaire d’entendre le récit de cette journée.
Aujourd’hui, nous voudrions vivre avec la paix au cœur et honorer nos morts comme ils le méritent. (A noter aussi que la grande majorité des victimes du 5 Juillet à Oran n’ont jamais été retrouvées, et que l’Etat Algérien maintient le secret sur l’emplacement des fosses où elles ont été ensevelies. ) Mais cela aussi nous est refusé par certains groupes comme par exemple la Ligue des Droits de l’Homme, qui s’acharne à vouloir faire interdire toutes célébrations publiques du Souvenir de ces événements, sous prétexte qu’elles seraient la manifestation sournoise de groupes fascistes renaissants, ou qu’y participeraient d’anciens défenseurs de l’Algérie Française. Jusqu’à quand devrons nous expier le crime d’avoir voulu rester français sur une terre qui était française ? En fait, il s’agit de manœuvre destinée à couvrir la trahison de ceux qui, durant la guerre d’Algérie, avaient pris le parti des ennemis de la France.
Quoiqu’il en soit, rien ne doit nous décourager pour faire en sorte que la vérité soit manifestée, et pour la mise en œuvre de ce que le Christ nous demande : Pardonner, pardonner, pardonner ! Sachant bien que le pardon n’est pas l’oubli !
Que Dieu nous vienne en aide ! Amen !
Père Jean-Yves MOLINAS

Profitez de cette belle vidéo de la fête de la musique !
Merci à vous tous qui étiez là pour montrer à tous votre joie dans le Seigneur !
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