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Paroisse Sainte Anne de Six-Fours

VENDREDI 23 MARS – 19h30

CONFÉRENCE ÉSOTERISME - EXORCISME

PAR LE P. FROPPO

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Voici l'homélie proférée par le Mgr. Jean Yves Molinas, lors de la messe pour les disparus d'Oran.

La messe a été célébrée le 5 juillet, à 18h30, dans l'église Sainte Anne.

 

 

 

Messe du Souvenir pour les victimes des massacres du 5 Juillet 1962 à Oran
Introduction de la célébration
Chers Frères et Sœurs Pieds Noirs et vous tous qui nous accompagnez dans cette longue, très longue marche pour la Mémoire et la Vérité, nous voici réunis devant Dieu pour célébrer, cette année encore, l’anniversaire du massacre sans nom du 5 Juillet 1962 à Oran. Nous ne sommes pas venus avec des sentiments de haine et de vengeance ; nous les avons laissés à la porte de la demeure du Dieu Miséricordieux. Puissions-nous ne pas en reprendre le terrible fardeau lorsque nous quitterons ce lieu saint.

§§§

Le premier Juillet 1962, le sort de l’Algérie est lié, les dés sont jetés Un référendum sans surprise engageait notre pays sur la voie de l’Indépendance. Enlèvements, assassinats, massacres se produisent sur tout le territoire algérien.
Oran, ville d’Algérie à la plus forte densité européenne, a vu se dérouler depuis ce jour et jusqu’au 4 juillet quelques défilés plutôt bon enfant de voitures surchargées d’arabes, hommes et femmes exaltés par l’annonce de l’Indépendance. Et, puisque la France avait décidé de se séparer de l’Algérie, les européens demeurant encore à Oran, et ils étaient nombreux, encouragés par nombre de communiqués rassurants émis par les nouveaux maîtres du pays, ne jugèrent pas nécessaires de se barricader chez eux et n’hésitèrent pas pour certains à sortir en ville pour vaquer à leurs occupations quotidiennes. D’ailleurs, le 5 juillet ordre avait été donné par radio d’ouvrir les magasins, les bureaux et de reprendre le travail.
Or une foule déferla des quartiers arabes vers les quartiers européens dès le matin pour disait-on un défilé pacifique. Pourtant les hommes étaient presque tous armés. A 11 heures un coup de feu retentit sur la place d’Armes. Et ce fut le début de l’horrible carnage: une chasse à l’Européen commença sauvage, systématique.
Des hommes armés, sans doute de l’A.L.N., emmenaient les Européens prisonniers par longs cortèges vers le commissariat central ou vers le Petit Lac, ou vers la Ville Nouvelle. Hommes, femmes, enfants et vieillards... que sont-ils devenus ?
Mais il faut dire que, dans cette folie sanguinaire, des arabes sauvèrent des européens, d’autres intervinrent, et permirent la libération de prisonniers.
Par contre les 18000 soldats français qui se trouvaient à Oran, avaient reçu l’ordre du général chargé de la place, et dont je ne citerai pas le nom, de ne pas intervenir. Ils restèrent donc cantonnés dans leurs casernes, l’arme aux pieds. Quelques uns n’hésitèrent pas à enfreindre les ordres et sauvèrent des vies. Mais, dix huit mille hommes, disposant de tout leur armement, auraient pu aisément, si l’ordre leur en avait été donné, mettre fin rapidement à cette tuerie qui dura plus de six heures. Je ne pense pas que nous ayons, dans l’histoire de France, d’autres exemples d’un massacre perpétré sur une communauté sans défense, en présence d’une armée qui, à cause d’un commandement injustifiable, laisse assassiner ses ressortissants sans intervenir.
Je passerai sur ce que fut, à partir de témoignages dignes de foi, le déroulement dans l’horreur de cette journée infernale. Il y eut les morts mais il y eut aussi ceux qui furent enlevés, hommes et femmes, et dont on sait aujourd’hui qu’ils connurent des mois, voire des années de souffrances, isolés, abandonnés, torturés. Aujourd’hui, après le rappel de ces tragiques événements, nous voulons bien sûr prier pour toutes ces victimes et les confier encore et encore à l’amour infini de Dieu ; mais nous voulons aussi poser à nouveau des questions qui n’ont toujours pas eu de réponses. Pourquoi ces citoyens français ont-ils été abandonnés à la barbarie ? Qui est responsable d’une telle lâcheté ? Pourquoi, en France, alors que l’on nous parle tant de repentance à sens unique, pas une seule voix autorisée ne s’est élevée depuis 48 ans pour demander pardon aux victimes d’une telle trahison : les morts du 26 Mars 1962 à Alger, les morts du 5 Juillet à Oran, les milliers d’innocents assassinés, victimes du terrorisme, sans oublier bien sûr les dizaines de milliers de harkis sacrifiés sur l’autel des nouvelles relations franco-algériennes, simplement parce qu’ils avaient cru en la France.
Certes, même si ce n’est évident pour personne, nous chrétiens, nous sommes appelés à faire nôtre cette phrase du Christ prononcée du haut de la croix : « Père, pardonne-leurs, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Pour bien mesurer l’importance de ce à quoi nous sommes appelés en tant que chrétiens, il était absolument nécessaire d’entendre le récit de cette journée.
Aujourd’hui, nous voudrions vivre avec la paix au cœur et honorer nos morts comme ils le méritent. (A noter aussi que la grande majorité des victimes du 5 Juillet à Oran n’ont jamais été retrouvées, et que l’Etat Algérien maintient le secret sur l’emplacement des fosses où elles ont été ensevelies. ) Mais cela aussi nous est refusé par certains groupes comme par exemple la Ligue des Droits de l’Homme, qui s’acharne à vouloir faire interdire toutes célébrations publiques du Souvenir de ces événements, sous prétexte qu’elles seraient la manifestation sournoise de groupes fascistes renaissants, ou qu’y participeraient d’anciens défenseurs de l’Algérie Française. Jusqu’à quand devrons nous expier le crime d’avoir voulu rester français sur une terre qui était française ? En fait, il s’agit de manœuvre destinée à couvrir la trahison de ceux qui, durant la guerre d’Algérie, avaient pris le parti des ennemis de la France.
Quoiqu’il en soit, rien ne doit nous décourager pour faire en sorte que la vérité soit manifestée, et pour la mise en œuvre de ce que le Christ nous demande : Pardonner, pardonner, pardonner ! Sachant bien que le pardon n’est pas l’oubli !
Que Dieu nous vienne en aide ! Amen !
Père Jean-Yves MOLINAS