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LA PROFONDE RICHESSE DU SILENCE

 

   Dieu nous a pourvu de cinq sens perfectionnés pour nous permettre de vivre dans sa Création en pleine conscience de tout ce qu’il nous a donné par amour, sans que nous n’ayons jamais rien demandé et c’est pour cela que nous devons lui rendre grâce, le remercier et le glorifier chaque jour.

   Parmi ces cinq sens, il en est un qui nous paraît banal et naturel mais qui est pourtant une merveille de conception qui n’a pas d’équivalent dans la technologie humaine. Ce « capteur » exceptionnel, c’est notre oreille, qui est reliée directement à notre cerveau, celui-ci étant le « récepteur » final qui va analyser les sons dans le but de nous situer dans l’espace environnant.

   Aujourd’hui notre cerveau est constamment sollicité parce que la vie moderne est trépidante et bruyante. Les agglomérations toujours plus nombreuses sont des lieux où le bruit est constant le jour et à peine atténué la nuit. Certains ne peuvent pas vivre sans ce bruit permanent et ne sauraient vivre dans le silence et pourtant, pourtant ! D’autres trouvent le SILENCE assourdissant !

   La plupart d’entre nous est capable de supporter une certaine dose de bruits, mais à la condition d’avoir des périodes alternatives de silence Cette question se pose alors :

   Comment faire pour s’éloigner de ces bruits envahissants ? Où trouver ce silence qui va nous permettre la réflexion, le retour sur soi? La première chose est de vouloir LE DESIRER.

   Des lieux de silence existent, mais il faut savoir les trouver. Ainsi nous avons pris parfois des sentiers qui passaient près d’une petite chapelle qui ne servait plus de lieux de culte, mais dont la porte était ouverte pour nous inviter à y entrer. Allons voir, c’est l’affaire d’un « petit moment ». A l’intérieur c’est LE SILENCE qui nous saisit et notre esprit va se mettre naturellement dans un éveil particulier, car nous sentons que Dieu est ici présent.

   Il y a aussi d’autres silences angoissants qui peuvent provenir de questions sans réponses, comme devant la maladie ou la mort. Ainsi ne sommes nous pas frappés du SILENCE qui imprègne la plupart des assemblées d’obsèques ? Dans ce cas il n’est nul besoin de demander de faire SILENCE, il devient naturel, il s’impose. !

   Nous pouvons penser aussi a ces regards si forts qu’ils sont synonymes de SILENCE, celui de la maman pour son petit enfant, de la « fiancée » remplie d’amour pour son promis.... de l’ami(e) qui a besoin de partager une grande inquiétude.... du médecin qui n’a pas de solution à proposer à un grand malade et combien d’autres...... qui sont en réalité des échappatoires à la parole trop insuffisante, ou non significative. Il est nécessaire parfois de ne rien dire pour ne pas vexer. Il nous faut FAIRE SILENCE !

   Nos églises de France, si petites soient-elles sont privilégiées , elles nous offrent alternativement des lieux de silence et de fêtes. Combien d’entre-nous avons ressenti ce calme serein en entrant dans une église. Tout d’abord il y a cette odeur particulière souvent discrète de fleurs ou d’encens, ensuite le regard qui se porte sur telles statues ou peintures, puis sur des vitraux souvent très beaux, très expressifs, puis enfin sur l’architecture de l’édifice qui a été l’œuvre de corps de métiers divers, d’artisans remplis de talents à qui l’on accordait le temps de réaliser leur œuvre. Cela n’existe plus aujourd’hui ce qui donne une valeur supplémentaire à nos églises. Le corollaire est que nous n’avons plus d’artisans de talents pour réaliser de telles œuvres et que même s’ils existaient nous n’aurions plus les moyens de les payer pour faire à nos églises les indispensables réparations dues à la sécurité.

   Nos églises restent des lieux privilégiés de SILENCE pour se recueillir. Il nous faut comprendre que LE SILENCE n’est pas une évasion, un repli stratégique, mais au contraire la possibilité d’entreprendre un « voyage » pour aller avec confiance « au creux de Dieu ».

   Nous avons encore en mémoire ce très beau film de Philip Gröning tourné dans le monastère de la Chartreuse en 2005, où l’on voit les moines vivre leur quotidien sans échanger un mot, sans commenter quoi que ce soit, sans autres bruits que ceux produits par les gestes du quotidien.

   LE SILENCE est une règle de vie qui permet à chaque moine de vivre intensément dans ce lieu exceptionnel, la présence de Dieu. Cela est un choix de chacun et ne semble pas être un fardeau. Les offices religieux sont chantés avec ces voix profondes d’hommes de foi. I y a chaque jour alternance de SILENCE et de prières, les périodes de silence étant les plus longues.

   Monastères, couvents, églises, LE SILENCE est présent, à nous se savoir l’utiliser comme une richesse rare. Pour cela il y a dans beaucoup d’églises un lieu réservé à l’ADORATION, ce lieu ou l’on se met sous le regard de DIEU, ou l’on est en présence de la Trinité par l’ESPRIT, celui la même que Dieu nous a laissé après la résurrection de son envoyé JESUS-CHRIST.

   L’adorer c’est d’abord le remercier de la vie en général et surtout de notre vie personnelle avec la liberté qu’il nous a donnée et une intelligence capable de le percevoir dans tout ce qui nous entoure, car il est présent partout dans toute sa création et notre vie sera toujours trop courte pour apprécier son don d’amour immense de PERE.

   Les deux pieds plantés dans la glèbe de notre terre, de notre planète TERRE, nous n’avons pas souvent le désir d’élever notre regard parce que ce que nous pouvons voir avec nos yeux est si énorme que cela dépasse notre intelligence. Il y a pourtant un lieu très proche de nous à quelques dizaines de kilomètres où la puissance de Dieu est omniprésente et sans contestations possibles. La distance ? environ 100 km au-dessus de nos têtes, là ou il n’y a plus d’atmosphère mais seulement le vide avec une température de –273 degrés, un lieu où la vie humaine ne peut exister. Comme il n’ y a pas d’atmosphère, les sons ne peuvent pas se propager et LE SILENCE est absolu.

   Dans la station spatiale internationale, des hommes vivent, mais dans un espace entièrement protégé du vide environnant, avec une reconstitution des conditions de vie sur le sol terrestre. C’est une situation artificielle qui permet de « voir » à l’extérieur l’immensité de l’espace avec ses milliards d’étoiles. Cet espace est l’espace de Dieu, celui de sa Création, nous en faisons partie et si nous regardons juste en dessous, nous voyons notre Terre toute proche à quelques centaines de kilomètres et puis regardant vers le haut dans ce vide tout noir, nous nous trouvons angoissés par l’immensité de l’Espace où brillent des milliards d’étoiles qui sont des soleils semblables au nôtre......Tout à coup nous nous sentons bien fragiles et nous nous trouvons soudain infiniment petits :

   Mystère de l’immense puissance de Dieu, mystère de la vie, mystère du péché originel, mystère du rachat de nos fautes dans le sacrifice de son envoyé le CHRIST, mystère de son Esprit qu’il nous a laissé pour demeurer avec lui tout au long de notre vie. Mystère de l’homme dans cet univers incompréhensible à l’homme......Mystère de Dieu qui a tout fait par AMOUR.

   LE SIENCE nous met en présence de DIEU. Ces paroles que nous prononçons chaque dimanche un peu machinalement, avec une petite musique personnelle que nous avons crée sans nous en rendre vraiment compte, ces paroles peuvent prendre maintenant une tout autre dimension.

Je crois en Dieu le Père tout puissant, créateur du ciel et de la Terre, de l’Univers visible et invisible

   Il est là présent partout et il nous a laissé son ESPRIT pour que nous puissions le remercier et l’adorer dans LE SILENCE, de tant d’AMOUR donné aux hommes.

 

Jean Pierre Dezafit / Octobre 2013

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